La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a profondément changé les règles de la location meublée de tourisme. Une partie de ses mesures s’applique depuis fin 2024 ; la plus visible, l’enregistrement national de tous les meublés de tourisme, est en vigueur depuis le 20 mai 2026. Ce guide fait le point sur ce qui change pour un propriétaire et pour une conciergerie, et sur ce qu’il faut vérifier logement par logement. Il informe sans remplacer un conseil juridique : les règles locales (mairie, copropriété) priment toujours sur les généralités.
La réponse courte
Depuis le 20 mai 2026, chaque meublé de tourisme doit être déclaré via un téléservice national, qui délivre un numéro d’enregistrement de treize caractères à afficher dans toutes les annonces. Une résidence principale ne peut pas être louée plus de 120 jours par an, et la commune peut abaisser ce plafond à 90 jours. Les logements soumis à changement d’usage doivent avoir un DPE entre A et E (entre A et D à partir de 2034). Les communes disposent de nouveaux outils (quotas, zones réservées à l’habitation) et les copropriétés peuvent plus facilement interdire les meublés de tourisme. Côté impôts, l’abattement micro-BIC d’un meublé non classé est tombé à 30 % dans la limite de 15 000 € de recettes.
Le numéro d’enregistrement national
C’est le changement le plus concret. Avant la loi Le Meur, seules certaines communes imposaient une déclaration avec numéro d’enregistrement. Le Code du tourisme (article L324-1-1, dans sa version en vigueur depuis le 20 mai 2026) prévoit désormais une déclaration préalable auprès d’un téléservice national unique.
Ce qu’il faut retenir :
- tous les meublés de tourisme sont concernés, y compris la résidence principale louée quelques semaines par an ;
- des pièces justificatives sont demandées ; sans elles, le numéro n’est pas délivré ;
- le numéro compte treize caractères : le code INSEE de la commune, un identifiant à six chiffres et une clé de contrôle ;
- il doit figurer dans chaque annonce, sur Airbnb, Booking.com, Abritel ou votre propre site ;
- les sanctions ont été relevées : le guide officiel du ministère mentionne une amende pouvant atteindre 20 000 € pour une fausse déclaration ou l’usage d’un faux numéro.
Pour une conciergerie, le sujet est opérationnel : il faut s’assurer que chaque logement du portefeuille a son numéro, qu’il est reporté sur chaque plateforme et sur les documents remis au voyageur.
Dans Boostinghost, le numéro d’enregistrement se saisit sur la fiche du logement. Il est ensuite imprimé sur les contrats de location et les factures, et repris dans l’export de la taxe de séjour.
Résidence principale : 120 jours, ou 90 si la commune le décide
Une résidence principale, c’est-à-dire le logement occupé au moins huit mois par an, ne peut pas être louée en meublé de tourisme plus de 120 jours par an. La loi Le Meur permet à la commune d’abaisser ce plafond jusqu’à 90 jours. Vérifiez la délibération de votre mairie avant de fixer votre calendrier d’ouverture : votre channel manager doit refléter cette limite, par exemple en bloquant les dates au-delà du plafond.
Les plateformes peuvent être tenues de transmettre à la commune le nombre de nuits louées par annonce. Un dépassement se voit donc facilement.
DPE : un nouveau critère de performance énergétique
Le diagnostic de performance énergétique entre dans les règles du meublé de tourisme :
| Situation | Exigence |
|---|---|
| Logement soumis à une autorisation de changement d’usage | DPE classé entre A et E depuis le 21 novembre 2024, puis entre A et D à partir du 1er janvier 2034 (France métropolitaine) |
| Meublé de tourisme qui n’est pas la résidence principale du loueur | Mêmes critères de décence énergétique qu’une location longue durée d’ici 2034, soit un DPE entre A et D |
| Déclaration en mairie | La commune peut demander le DPE à l’appui de la déclaration |
Si l’un de vos logements est classé F ou G, anticipez : des travaux prennent du temps, et un refus de changement d’usage bloque l’activité.
Communes et copropriétés : de nouveaux pouvoirs
La loi donne aux collectivités des outils pour réguler l’offre :
- quotas d’autorisations de meublés de tourisme dans certaines communes ;
- zones réservées à la résidence principale dans le plan local d’urbanisme, où les nouveaux meublés de tourisme peuvent être interdits ;
- contrôles renforcés grâce aux données transmises par les plateformes.
En copropriété, il n’est plus nécessaire d’obtenir l’unanimité pour interdire la location meublée de tourisme lorsque le règlement prévoit déjà une clause en ce sens : une majorité qualifiée suffit, dans les conditions fixées par la loi. Les nouveaux règlements doivent par ailleurs indiquer si les meublés de tourisme sont autorisés. Avant d’intégrer un logement en copropriété dans votre portefeuille, lisez le règlement et les derniers procès-verbaux d’assemblée générale.
Fiscalité : la fin de l’avantage du micro-BIC
La même période a vu un durcissement fiscal. Pour les revenus de 2025, déclarés en 2026, le régime micro-BIC s’applique ainsi :
| Type de meublé | Plafond de recettes | Abattement forfaitaire |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 30 % |
| Meublé de tourisme classé | 77 700 € | 50 % |
Pour comparaison, les revenus de 2024 bénéficiaient de 50 % jusqu’à 77 700 € (non classé) et de 71 % jusqu’à 188 700 € (classé). Pour les revenus de 2026, l’administration indique un plafond porté à 83 600 € pour les meublés classés, celui des non classés restant à 15 000 €. Au-delà des plafonds, le régime réel s’applique.
Conséquence pratique : le classement du meublé (de une à cinq étoiles, après visite d’un organisme accrédité) redevient un levier fiscal important. Pour un propriétaire qui dépasse 15 000 € de recettes, le régime réel, avec amortissements, mérite souvent une simulation avec un expert-comptable.
La checklist conformité, logement par logement
- Déclaration et numéro : le logement a-t-il son numéro d’enregistrement du téléservice national ?
- Annonces : le numéro apparaît-il sur chaque plateforme et sur le site de réservation directe ?
- Statut du logement : résidence principale (plafond 120 ou 90 jours) ou non (changement d’usage éventuel, compensation selon la commune) ?
- DPE : quelle classe, et est-elle compatible avec les règles applicables ?
- Copropriété : le règlement autorise-t-il la location meublée de tourisme ?
- Taxe de séjour : qui la collecte selon le canal, et à quel tarif ? Voir Taxe de séjour : qui la collecte entre Airbnb, Booking et la réservation directe ?
- Classement : un classement serait-il fiscalement intéressant ?
- Mandat : pour une conciergerie, le mandat précise-t-il qui fait les démarches et qui en répond ?
Pour intégrer un nouveau logement sans rien oublier côté outil : Checklist d’intégration d’un logement dans un PMS.
Ce que cela change pour une conciergerie
Une conciergerie n’est pas propriétaire, mais elle est en première ligne : c’est elle qui publie les annonces, reçoit les voyageurs et suit le calendrier. Trois réflexes :
- centraliser les informations réglementaires de chaque logement (numéro, statut, DPE, plafond de nuits) au même endroit que le calendrier ;
- écrire dans le mandat qui accomplit la déclaration, qui conserve les justificatifs et qui est responsable en cas de contrôle ;
- refuser un logement non conforme plutôt que de porter le risque : une amende ou une annonce retirée coûte plus cher qu’un mandat perdu.
Questions fréquentes
Dois-je déclarer ma résidence principale si je la loue quelques semaines par an ?
Oui. Depuis le 20 mai 2026, la déclaration avec numéro d’enregistrement concerne tous les meublés de tourisme, y compris la résidence principale.
Où se fait la déclaration ?
Sur le téléservice national prévu par le Code du tourisme. Selon le guide du ministère, le numéro est délivré immédiatement lorsque la déclaration est complète et accompagnée des justificatifs demandés.
Ma commune peut-elle limiter la location de ma résidence principale à 90 jours ?
Oui, la loi Le Meur permet à la commune d’abaisser le plafond de 120 jours jusqu’à 90 jours par an. Consultez les délibérations de votre mairie.
Mon logement est classé G : puis-je continuer à le louer ?
Cela dépend de sa situation. S’il est soumis à une autorisation de changement d’usage, un DPE entre A et E est exigé. Pour un meublé qui n’est pas votre résidence principale, les critères de décence énergétique s’appliqueront d’ici 2034. Faites le point avec un diagnostiqueur et votre mairie.
Le classement en meublé de tourisme vaut-il encore le coup ?
Sur le plan fiscal, souvent oui : pour les revenus de 2025, l’abattement micro-BIC est de 50 % pour un meublé classé contre 30 % pour un non classé, avec des plafonds de recettes très différents.
Boostinghost gère-t-il le numéro d’enregistrement ?
Oui : il se saisit sur la fiche du logement et apparaît sur les contrats de location, les factures et l’export de la taxe de séjour.
À retenir
La loi Le Meur généralise la déclaration des meublés de tourisme avec un numéro national depuis le 20 mai 2026, renforce le contrôle des 120 jours (ou 90) pour les résidences principales, introduit des exigences de DPE et donne plus de pouvoir aux communes et aux copropriétés. Côté impôts, l’abattement micro-BIC d’un meublé non classé tombe à 30 %. Faites une revue logement par logement, et gardez les informations réglementaires au même endroit que votre calendrier.
Sources
- https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050612711
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038791151
- https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/location-touristique-meublee
- https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/25113_GuidePratique2025MeubleTourisme.pdf
- https://www.economie.gouv.fr/particuliers/impots-et-fiscalite/gerer-mon-impot-sur-le-revenu/location-meublee-de-tourisme-quelles-sont-les-regles-respecter-pour-sa-residence
- https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/je-suis-proprietaire-dune-location-meublee-de-tourisme-quel-est-le-nouveau
Sources vérifiées le 21 octobre 2026.



